• Les Royaumes Démoniaques - Tome 1 La Roche des Âges : Plongez dans un roman fantasy épique, dense et addictif !

    Titre : Tome 1 - La roche des âges

    Saga : Les Royaumes Démoniaques

    Auteur : Christopher Évrard

    Genre : fantasy

    Numérique : 3,99€  Broché : 15,82€

    Ma note : 17/20

    Tout d’abord, je tiens à remercier Christopher Évrard, l’auteur et un collègue des Plumes Indépendantes, de m’avoir permis de lire son livre que je considère comme un petit bijou, même si je n’ai pas éprouvé l’irrépressible coup de cœur que j’aime tant ressentir devant un bon roman. On n’en était pas loin, mais il a manqué un petit je ne sais quoi pour que je succombe totalement au charme obscur de l’univers construit autour de la roche des âges. Toutefois, cela faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir avec un roman de fantasy. Alors, on ne va pas tourner autour du pot plus longtemps. Place au synopsis.

    « Mes erreurs sont tout ce qu’il me reste. » - Ciwen

    L'horreur et la violence côtoient la féerie et la beauté. La magie et les combats forgent la réalité au jour le jour. Tandis que les légendes et mythes résonnent dans l'inconscient collectif comme des promesses d'un jour meilleur, telle la mystique roche des âges que Ciwen, un mage de foudre, recherche désespérément.

    Dans une existence où le macabre est un lot quotidien... Quel est le sens de la vie ? Quelle signification mettre à des concepts comme l'amour et la haine, ou la guerre et la paix ? Comment les définir, et les dépasser ?
    Tant d'éternelles énigmes qui se posent à chaque instant, depuis la nuit des temps.

    Les réponses apparaissent toujours dans le noir, telles des lucioles fuyantes...

    Séduit dans un premier temps par la beauté de la couverture dont je déplore seulement l’absence d’effet sur le titre du premier tome et sur le nom de l’auteur, je n’ai pas hésité quand j’ai pu convenir d’un partenariat avec l’auteur. Avec un prologue officiant comme mise en bouche, je me suis rapidement plongé dans un univers à la fois dense et sombre mais qui ne laisse rien présager de la suite. Je dois avouer que cela fait partie des petites choses qui font que je n’ai pas eu le coup de cœur tant espéré. La distance entre le prologue que l’on finit par oublier et la richesse de l’intrigue qui s’ensuit, ancrée dans un contexte bien spécifique.

    Je dois vous l’avouer, cette lecture a mal débuté pour moi. Je n’aime pas dire du mal de mes lectures mais je n’aime pas cacher la vérité. Le prologue pourtant bien écrit ne m’a pas permis de m’immerger dans cet univers et j’ai surtout eu des difficultés à m’attacher au personnage principal, Ciwen, dans sa manière d’être présenté dès le premier chapitre. En effet, sans perdre de temps, Christopher Évrard nous dévoile son héros, presque un anti-héros, et s’il semble charismatique et baroudeur, il a une conception de la justice qui m’a laissé circonspect. Je vous le dis franchement, je suis de la vieille école, j’aime bien les chevaliers noirs, tant qu’ils ne franchissent pas certaines limites, le meilleur exemple étant pour moi Batman. On est dans des cadres différents, mais dans le fond, on cherche tous une certaine dimension aux héros qui nous plaisent, et leurs caractéristiques se recoupent que ce soient des chevaliers porteurs d’une épée ou des héros vêtus d’une cape et de collants. Qu’importe la tenue et les artifices, l’essentiel repose dans la conduite que le héros adopte.

    Ainsi, d’emblée, Christopher Évrard nous présente l’homme dont on va suivre la quête. Il est solitaire, charismatique, il paraît enclin à défendre les opprimés et à combattre l’injustice, mais il n’hésite pas à se salir les mains et à exécuter les perfides représentants des ténèbres dont il semble également lui-même faire partie, même quand ces derniers sont à terre et dans l’incapacité de se défendre. Après, même si l’auteur m’avait prévenu, je pense qu’on peut forger un personnage sombre sans pour autant en faire un justicier qui n’hésite pas à recourir au meurtre, surtout quand l’ennemi est déjà vaincu. Moi-même j’ai donné vie à des personnages troublés et troublants, dont les sens de l’éthique sont confus, mais là il s’agit du héros et de sa présentation. Attention, par la suite, je l’ai trouvé plutôt sympathique Ciwen. En l’occurrence, il a eu l’occasion de s’expliquer sur sa vision des choses mais il est vrai que je n’ai pas apprécié les premiers pas du personnage principal, un avis qui reste au demeurant extrêmement subjectif.

    Cependant, cela ne m’a pas dissuadé de poursuivre ma lecture. Cela a jeté un froid mais c’est tout. La plume de l’auteur est agréable, le vocabulaire est adapté à l’univers dark fantasy volontairement assumé et une fois que l’on quitte la première scène où une boucherie a eu lieu, on se surprend à se plonger dans un roman où cohabitent des mages, des elfes, des démons, des ondins et tout un tas de créatures chimériques. La roche des âges n’est que l’un des éléments de poids donnant un intérêt à cette histoire. J’ai même presque envie de dire que sa présence est superficielle dans ce premier tome. Cela aussi m’a fait un peu tiquer, car au final, l’auteur ne nous donne que peu d’informations sur cet objet et sur les raisons qui incitent certains personnages, y compris Ciwen, à s’y intéresser farouchement. Je veux dire, quand on cherche un bout de pierre au péril de sa vie, la motivation devrait être légitime. En comparaison, Tolkien avait su mettre en valeur l’anneau dans sa trilogie, distillant un certain nombre d’informations autour de cet artefact, sans pour autant tuer le suspense.

    Maintenant, est-ce vraiment un point faible ? Je l’ai vu comme tel mais cela a permis à l’auteur d’approfondir son univers. Au cours de ce premier tome, Ciwen ne se lance pas seulement à la quête de la roche des âges, il est surtout à la recherche de sa propre identité. Lui-même ne sait pas vraiment qui il est. Il se questionne sur sa destinée et sur le sens de la vie. Avec un certain brio, Christopher Évrard nous emporte dans une toile d’intrigues et de cheminements qui s’articulent autour d’une préoccupation collective majeure pour toutes les créatures peuplant ce monde. On suit les péripéties de Ciwen, mais pas seulement. Et j’ai énormément pris de plaisir à découvrir les turpitudes des ondins et des elfes par exemple.

    Après avoir émis quelques reproches sur cet ouvrage, j’aimerais contrebalancer en évoquant certains points forts du livre mais j’ai bien peur de devoir spoiler l’histoire et je n’aime pas ça.  Ainsi, je vais faire dans la simplicité. Il faut dire que je ne m’attendais pas forcément à l’arrivée d’un personnage inattendu venant se mêler si tôt à la quête de Ciwen… Un personnage permettant d’introduire une peuplade se distinguant du lot des humains et permettant à la magie de s’introduire davantage aux yeux du lecteur. L’une des qualités de l’auteur est de parvenir avec un personnage d’en présenter d’autres. Les rencontres sont multiples et fluides, aucune n’est forcée et ne s’inscrit dans le cadre d’une trame linéaire. En outre, si j’ai eu quelque peine à m’attacher au personnage principal en raison de son sens particulier de la morale et de la justice, j’ai adoré la plupart des personnages secondaires qui gravitent autour de lui. Chacun était remarquablement dépeint, leur personnalité était extrêmement bien pensée et réfléchie.

    Indubitablement, Les Royaumes Démoniaques nous transporte dans un monde obscur et féerique où l’on éprouve un plaisir non dissimulé à chaque fois que l’on décide de retourner dans le livre et d’en tourner les pages. La profondeur et le souci du détail conférés à ses personnages mais aussi aux lieux ou encore aux légendes et mythes qui donnent du corps au récit, la densité de l’univers fait qu’on lit les chapitres à toute vitesse, sans voir le temps passer. Plus je me suis rapproché de la fin, plus j’ai commencé à le regretter et à m’attacher à cet univers, admirant l’architecture de la trame regroupant tous les éléments interagissant les uns avec les autres sans qu’aucune incohérence ne se fasse ressentir.

    Comme je vous l’ai dit, il m’a manqué ce « je ne sais quoi » dû en partie à ce qui pourrait être considéré comme des « broutilles ». Mais parfois, le coup de cœur se joue sur des détails. Toutefois, je le redis, le tome 1 : La roche des âges est un bijou. Comme tout bijou, son reflet ne sera pas perçu de la même manière par ceux qui lui accordent leur attention. J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre et je n’hésiterai pas à lire la suite mais je n’ai pas adoré. Peut-être que je déploie autant d’énergie à le signaler parce que « merde » j’avais envie de ressentir cet élan de fascination comme j’avais pu l’éprouver avec la lecture de la trilogie Origine de Deïmian ou avec celle de Kane Banway, Crying Star. Toutefois, je pense que d’autres lecteurs adoreront ce livre et feront fi de ces détails.

    Si ce livre peut être considéré comme de la fantasy plutôt sombre, cela reste quand même très axé fantasy et donc à la portée de tous les amateurs de ce genre qui évoque souvent une lutte avec des forces démoniaques.

    En somme, un très bon début de saga. Je le recommande vivement aux fans du genre et je vous invite à fermer les yeux sur les broutilles qui m’ont dérangé un chouïa dans ma lecture. À chacun son avis, mais ce serait dommage de passer à côté d’une telle pépite !

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