• Titre : Tome 1 - La roche des âges

    Saga : Les Royaumes Démoniaques

    Auteur : Christopher Évrard

    Genre : fantasy

    Numérique : 3,99€  Broché : 15,82€

    Ma note : 17/20

    Tout d’abord, je tiens à remercier Christopher Évrard, l’auteur et un collègue des Plumes Indépendantes, de m’avoir permis de lire son livre que je considère comme un petit bijou, même si je n’ai pas éprouvé l’irrépressible coup de cœur que j’aime tant ressentir devant un bon roman. On n’en était pas loin, mais il a manqué un petit je ne sais quoi pour que je succombe totalement au charme obscur de l’univers construit autour de la roche des âges. Toutefois, cela faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir avec un roman de fantasy. Alors, on ne va pas tourner autour du pot plus longtemps. Place au synopsis.

    « Mes erreurs sont tout ce qu’il me reste. » - Ciwen

    L'horreur et la violence côtoient la féerie et la beauté. La magie et les combats forgent la réalité au jour le jour. Tandis que les légendes et mythes résonnent dans l'inconscient collectif comme des promesses d'un jour meilleur, telle la mystique roche des âges que Ciwen, un mage de foudre, recherche désespérément.

    Dans une existence où le macabre est un lot quotidien... Quel est le sens de la vie ? Quelle signification mettre à des concepts comme l'amour et la haine, ou la guerre et la paix ? Comment les définir, et les dépasser ?
    Tant d'éternelles énigmes qui se posent à chaque instant, depuis la nuit des temps.

    Les réponses apparaissent toujours dans le noir, telles des lucioles fuyantes...

    Séduit dans un premier temps par la beauté de la couverture dont je déplore seulement l’absence d’effet sur le titre du premier tome et sur le nom de l’auteur, je n’ai pas hésité quand j’ai pu convenir d’un partenariat avec l’auteur. Avec un prologue officiant comme mise en bouche, je me suis rapidement plongé dans un univers à la fois dense et sombre mais qui ne laisse rien présager de la suite. Je dois avouer que cela fait partie des petites choses qui font que je n’ai pas eu le coup de cœur tant espéré. La distance entre le prologue que l’on finit par oublier et la richesse de l’intrigue qui s’ensuit, ancrée dans un contexte bien spécifique.

    Je dois vous l’avouer, cette lecture a mal débuté pour moi. Je n’aime pas dire du mal de mes lectures mais je n’aime pas cacher la vérité. Le prologue pourtant bien écrit ne m’a pas permis de m’immerger dans cet univers et j’ai surtout eu des difficultés à m’attacher au personnage principal, Ciwen, dans sa manière d’être présenté dès le premier chapitre. En effet, sans perdre de temps, Christopher Évrard nous dévoile son héros, presque un anti-héros, et s’il semble charismatique et baroudeur, il a une conception de la justice qui m’a laissé circonspect. Je vous le dis franchement, je suis de la vieille école, j’aime bien les chevaliers noirs, tant qu’ils ne franchissent pas certaines limites, le meilleur exemple étant pour moi Batman. On est dans des cadres différents, mais dans le fond, on cherche tous une certaine dimension aux héros qui nous plaisent, et leurs caractéristiques se recoupent que ce soient des chevaliers porteurs d’une épée ou des héros vêtus d’une cape et de collants. Qu’importe la tenue et les artifices, l’essentiel repose dans la conduite que le héros adopte.

    Ainsi, d’emblée, Christopher Évrard nous présente l’homme dont on va suivre la quête. Il est solitaire, charismatique, il paraît enclin à défendre les opprimés et à combattre l’injustice, mais il n’hésite pas à se salir les mains et à exécuter les perfides représentants des ténèbres dont il semble également lui-même faire partie, même quand ces derniers sont à terre et dans l’incapacité de se défendre. Après, même si l’auteur m’avait prévenu, je pense qu’on peut forger un personnage sombre sans pour autant en faire un justicier qui n’hésite pas à recourir au meurtre, surtout quand l’ennemi est déjà vaincu. Moi-même j’ai donné vie à des personnages troublés et troublants, dont les sens de l’éthique sont confus, mais là il s’agit du héros et de sa présentation. Attention, par la suite, je l’ai trouvé plutôt sympathique Ciwen. En l’occurrence, il a eu l’occasion de s’expliquer sur sa vision des choses mais il est vrai que je n’ai pas apprécié les premiers pas du personnage principal, un avis qui reste au demeurant extrêmement subjectif.

    Cependant, cela ne m’a pas dissuadé de poursuivre ma lecture. Cela a jeté un froid mais c’est tout. La plume de l’auteur est agréable, le vocabulaire est adapté à l’univers dark fantasy volontairement assumé et une fois que l’on quitte la première scène où une boucherie a eu lieu, on se surprend à se plonger dans un roman où cohabitent des mages, des elfes, des démons, des ondins et tout un tas de créatures chimériques. La roche des âges n’est que l’un des éléments de poids donnant un intérêt à cette histoire. J’ai même presque envie de dire que sa présence est superficielle dans ce premier tome. Cela aussi m’a fait un peu tiquer, car au final, l’auteur ne nous donne que peu d’informations sur cet objet et sur les raisons qui incitent certains personnages, y compris Ciwen, à s’y intéresser farouchement. Je veux dire, quand on cherche un bout de pierre au péril de sa vie, la motivation devrait être légitime. En comparaison, Tolkien avait su mettre en valeur l’anneau dans sa trilogie, distillant un certain nombre d’informations autour de cet artefact, sans pour autant tuer le suspense.

    Maintenant, est-ce vraiment un point faible ? Je l’ai vu comme tel mais cela a permis à l’auteur d’approfondir son univers. Au cours de ce premier tome, Ciwen ne se lance pas seulement à la quête de la roche des âges, il est surtout à la recherche de sa propre identité. Lui-même ne sait pas vraiment qui il est. Il se questionne sur sa destinée et sur le sens de la vie. Avec un certain brio, Christopher Évrard nous emporte dans une toile d’intrigues et de cheminements qui s’articulent autour d’une préoccupation collective majeure pour toutes les créatures peuplant ce monde. On suit les péripéties de Ciwen, mais pas seulement. Et j’ai énormément pris de plaisir à découvrir les turpitudes des ondins et des elfes par exemple.

    Après avoir émis quelques reproches sur cet ouvrage, j’aimerais contrebalancer en évoquant certains points forts du livre mais j’ai bien peur de devoir spoiler l’histoire et je n’aime pas ça.  Ainsi, je vais faire dans la simplicité. Il faut dire que je ne m’attendais pas forcément à l’arrivée d’un personnage inattendu venant se mêler si tôt à la quête de Ciwen… Un personnage permettant d’introduire une peuplade se distinguant du lot des humains et permettant à la magie de s’introduire davantage aux yeux du lecteur. L’une des qualités de l’auteur est de parvenir avec un personnage d’en présenter d’autres. Les rencontres sont multiples et fluides, aucune n’est forcée et ne s’inscrit dans le cadre d’une trame linéaire. En outre, si j’ai eu quelque peine à m’attacher au personnage principal en raison de son sens particulier de la morale et de la justice, j’ai adoré la plupart des personnages secondaires qui gravitent autour de lui. Chacun était remarquablement dépeint, leur personnalité était extrêmement bien pensée et réfléchie.

    Indubitablement, Les Royaumes Démoniaques nous transporte dans un monde obscur et féerique où l’on éprouve un plaisir non dissimulé à chaque fois que l’on décide de retourner dans le livre et d’en tourner les pages. La profondeur et le souci du détail conférés à ses personnages mais aussi aux lieux ou encore aux légendes et mythes qui donnent du corps au récit, la densité de l’univers fait qu’on lit les chapitres à toute vitesse, sans voir le temps passer. Plus je me suis rapproché de la fin, plus j’ai commencé à le regretter et à m’attacher à cet univers, admirant l’architecture de la trame regroupant tous les éléments interagissant les uns avec les autres sans qu’aucune incohérence ne se fasse ressentir.

    Comme je vous l’ai dit, il m’a manqué ce « je ne sais quoi » dû en partie à ce qui pourrait être considéré comme des « broutilles ». Mais parfois, le coup de cœur se joue sur des détails. Toutefois, je le redis, le tome 1 : La roche des âges est un bijou. Comme tout bijou, son reflet ne sera pas perçu de la même manière par ceux qui lui accordent leur attention. J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre et je n’hésiterai pas à lire la suite mais je n’ai pas adoré. Peut-être que je déploie autant d’énergie à le signaler parce que « merde » j’avais envie de ressentir cet élan de fascination comme j’avais pu l’éprouver avec la lecture de la trilogie Origine de Deïmian ou avec celle de Kane Banway, Crying Star. Toutefois, je pense que d’autres lecteurs adoreront ce livre et feront fi de ces détails.

    Si ce livre peut être considéré comme de la fantasy plutôt sombre, cela reste quand même très axé fantasy et donc à la portée de tous les amateurs de ce genre qui évoque souvent une lutte avec des forces démoniaques.

    En somme, un très bon début de saga. Je le recommande vivement aux fans du genre et je vous invite à fermer les yeux sur les broutilles qui m’ont dérangé un chouïa dans ma lecture. À chacun son avis, mais ce serait dommage de passer à côté d’une telle pépite !

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  • Titre : Le Treizième Empereur

    Auteur : Alexandre Allamanche

    Genre : Historique

    Éditeur : Bookelis (Autoédition)

    Nombre de pages : 400

    Numérique : 4,99€  Broché : 20€

    Ma note : 17/20

    Voilà un roman que je n'aurai certainement pas lu si je n'avais pas croisé l'auteur, fort sympathique, au cours du Salon de l'Auto-édition de Pierre-Bénite au mois de mai 2018. Et pour cause, je n'en avais pas entendu parler. Alors que j'aime bien l'histoire et que j'aime beaucoup, pour cette raison, les romans de Steve Berry, notamment du fait qu'ils s'inspirent de faits réels ou de mystères non éclaircis dans l'histoire de notre civilisation et qu'ils dépeignent des scènes toutes droites issues du passé, je n'ai pas hésité avant de découvrir ce qui s'apparente à un péplum, écrit de la main de l'un de mes collègues. Vous voulez en savoir un peu plus, quand même ? Allez, syno.

    À la fin du Ier siècle après J-C, l’Empire Romain est secoué par une violente crise politique. Porté au pouvoir par l’assassinat de l’Empereur Domitien, le nouveau César, Nerva, parvient à apaiser les tensions en adoptant Marcus Ulpius Traianus, un commandant de légion renommé. Ce dernier lui succède quelques mois plus tard en prenant le nom de Trajan.

    À la tête d’un empire fragilisé, Trajan doit rapidement faire face aux attaques d’une puissante nation barbare. Mais réduit à l’impuissance par une traîtrise abjecte, c’est sous couvert de trois hommes valeureux lancés en territoire ennemi, qu’il devra défendre Rome et tenter de retrouver ce qui lui a été enlevé…

    Des forêts daces au sable du Colisée, des champs de bataille à l’obscurité des palais, plongez dans la Rome Antique aux côtés du XIIIème Empereur Romain.

    Par où commencer ? Par le début, peut-être. En fait, je dois vous avouer qu'après avoir lu quelques pages, j'ai été pris d'une sensation agréable. J'ai rapidement apprécié la qualité d'écriture de l'auteur et l'atmosphère qui se dégageait de ces premières pages. Je n'ai pas eu besoin de lire plus d'un chapitre pour savoir que j'avais affaire à un ouvrage de qualité. Ce qui m'arrive de temps en temps quand je lis un livre, et ce qui me rassure quant à la perspective de devoir engloutir une certaine quantité de mots. Ce qui me permet de soulever un deuxième point : la densité du récit. D'emblée de jeu, l'auteur nous a offert des descriptions détaillées et soignées de l'environnement qu'il posait, pierre après pierre. Et je dois dire que c'est le gros point fort du roman.

    En effet, si je n'ai pas lu à une cadence infernale car il m'a fallu parfois digérer l'avalanche d'informations que j'ai dû assimiler, je me suis totalement immergé dans l'ambiance de l'antique Rome. L'auteur a tellement soigné son souci du détail, du réalisme allant jusqu'à peaufiner les décors des contrées de l'époque, que j'ai vraiment eu l'impression de voyager à cette époque de l'histoire du monde occidental. À tel point que je me suis demandé si Alexandre Allamanche n'avait pas été un citoyen de l'Empire Romain dans une autre vie. La justesse des informations allié au souci de la vraisemblance de tous les éléments mis en évidence (cadre naturel, tenue vestimentaire, traditions, etc...) est telle que l'on ne peut être que happé par la rigueur du monde romain.

    Maintenant que cela est dit, je peux évoquer le fond de l'histoire qui se divise en deux parties principales, précédées les deux par un préambule ayant pour but de couronner le personnage principal de ce roman à la tête de l'empire Romain : Marcus Ulpius Trajanus. L'auteur utilise intelligemment la nomination de ce nouvel empereur pour présenter rome, les fonctions de l'empereur ou du sénat et le climat qui règne autour de ce poste. Ensuite, rapidement, on est plongé dans l'ivresse de la guerre et l'empereur n'a pas le temps de se reposer sur ses lauriers qu'il se pare de la tenue militaire et va accompagner ses hommes jusqu'au combat. Il lui a suffi de prendre une décision pour qu'un ennemi, considéré comme barbare, ne décidé de s'opposer à la domination romaine, considérée par lui et ses pairs comme étant invasive.

    Si Alexandre a eu ce souci du réalisme au niveau des descriptions, il est également allé à pousser le vice jusqu'à s'approprier une grande partie de la guerre des Daces, un peuple qui a donné du fil à retordre aux amis d'Astérix et d'Obélix. En effet, de nombreuses références historiques justes et l'histoire se calque donc sur le véritable parcours de l'empereur Trajan. Un joli tour de force sachant que s'appuyer sur des faits historiques est une chose, mais parvenir à romancer le tout en respectant la réalité de ces mêmes faits en est une autre. Certes, je n'ai pas les connaissances suffisantes pour affirmer que l'auteur a réussi à esquisser un récit fidèle en tous points à la réalité. Toutefois, d'après les recherches que j'ai effectuées en cours de lecture, je pense pouvoir dire qu'il s'en est extrêmement bien sorti sur ce plan-là.

    Cependant, son constat est surtout valable pour la première partie du récit. Pour la suite, il a accordé plus de confiance et de liberté à son imagination avec la trame qu'il a offerte à l'empereur Trajan en personne, tout en continuant de suivre fidèlement la chronologie de l'ancien souverain. Je préfère ne pas trop en dire concernant cette seconde moitié de l'histoire, mais, je dois vous avouer que j'ai plus été captivé par la première alors qu,e pourtant, pour la seconde partie du roman, l'auteur a mijoté une aventure plutôt exaltante. Je ne saurais dire ce qui a fait que je me suis plus senti accroché par la première période de la vie d'empereur de Trajan que par la seconde.

    Du reste, la plume d'Alexandre est élégante, soignée et prend le soin de creuser les traits et la personnalité de chaque personnage que croise Trajan. Rien n'est laissé au hasard. Une plume méticuleuse et patiente, je dirais, mais non moins agréable à lire. Qui demande tout de même à être un peu allégée par moments, à mon goût. Mais n'oublions pas, si je ne m'abuse, qu'il s'agit d'un premier roman ! En outre, on a vraiment senti que le narrateur est demeuré volontairement omniscient, à l'image d'un conteur, se permettant de dresser un portrait relativement flatteur de l'empereur, il se retenant d'exposer son point de vue. Il s'est occupé de décrire le rôle d'un homme propulsé au sommet de la hiérarchie à une époque où les mœurs n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui. Où le fait de tuer des hommes paraissait légitime à partir du moment où cela servait la cause qu'ils soutenaient. Ce n'est peut-être pas la volonté de l'auteur, mais durant la lecture, à la suite de la guerre, je me suis quand même interrogé sur la raison de leurs conflits. Pouvoir, soif de conquête, un orgueil qui se cache derrière le rideau plus soyeux de l'honneur, richesses... Sont-ce vraiment des raisons suffisantes qui rendent légitime le fait de décimer des familles ? Les romains étaient-ils les gentils que le roman semble vouloir nous faire croire ? Le roi Décébale était-il réellement le méchant de l'histoire ? Finalement, ce point demeure à éclaircir...

    Néanmoins, je conclurais en précisant que ce livre se réserve à des lecteurs qui aiment un tant soit peu l'histoire et qui ne rechignent pas à enrichir leur connaissance de la civilisation romaine. Je rentre dans cette catégorie de lecteurs, ce qui fait que je suis sorti rassasié de cette lecture. Maintenant, je ne saurais conseiller ce livre à des personnages allergiques à l'histoire ou à la civilisation romaine... À moins que ce serait l'occasion de la vivre sous un autre angle et d'apprendre à l'apprécier ?

    La page Facebook d'Alexandre Allamanche

    Le Treizième Empereur sur Bookelis


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  • Titre : Cinq Minutes : Et si elles faisaient la différence ?

    Auteur : Pascale Marie Quiviger

    Genre : Nouvelles contemporaines

    Nombre de pages : 226

    Numérique : 2,99€ Broché : 7,91€

    Ma note : 15/20

     

    Je dois vous avouer que lorsque l'auteure m'a contacté sur Simplement Pro, je n'ai pas hésité longtemps avant d'accepter le partenariat. La couverture est franchement réussie et le synopsis est plutôt alléchant. Merci à Pascale Marie Quiviger pour sa confiance et en avant le syno !

    5 petites minutes... percutantes comme une gifle, tragiques, drôles ou heureuses, elles surgissent inopinément dans nos vies et laissent une empreinte indélébile. Et si une de ces histoires était la vôtre ?
    À travers un regard distancié, intense, parfois drôle mais toujours émouvant, l'auteur nous offre ici des fragments de vie autour d'une seule thématique : 5 minutes dans une vie.
    Une belle leçon de vie dont vous ne ressortirez pas indemne.

    Au moment de me lancer dans cette lecture, je ne savais pas forcément à quoi m'attendre. En effet, entre le moment où j'étudie une demande, je découvre le pitch de l'histoire et celui où je débute le roman, il y a un certain délai qui se passe et je n'ai plus en tête le synopsis. Et cela me va très bien car j'aime bien ne pas trop en savoir sur l'ouvrage sur lequel mon attention va se cristalliser. Pour corroborer l'impression procurée par le synopsis, le récit s'articule autour de plusieurs histoires courtes mais relativement denses qui se complètent et forment un ensemble cohérent. Chacune d'elles évoque le moment crucial dans l'existence d'un individu où sa vie prend une toute autre dimension. Et ceci en cinq minutes, donc.

    Sur le plan personnel, je crois au karma, à la destinée et je suis persuadé que rien n'arrive par hasard. Tout en admettant que l'on est responsable de nos propres choix et de l'écriture de notre légende personnelle. Néanmoins, quand on observe le détail de nos existences, on peut remarquer parfois certains événements en apparence anodins qui changent le cours de nos vies. Il s'agit bien souvent de détails superficiels et pourtant... Je dois donc reconnaître que même si j'ai pris mon temps pour lire ces petites histoires, j'ai pris beaucoup de plaisir à le faire. La démarche de l'auteure m'a semblé originale et j'ai apprécié la manière dont elle l'a mise en forme. Cohérence, légèreté et humour sont des ingrédients qui permettent d'adoucir le caractère parfois lourd sur le plan émotionnel de certaines histoires.

    Je n'ai pas en tête la liste de tous les événements décrits par madame Quiviger mais elle s'est intéressée à des thèmes divers et variés. Pêle-mèle, on découvre le ressenti du futur marié lors des minutes fatidiques avant le moment charnière de la cérémonie, ainsi que celui de la future mariée dans le même contexte, on a également le point de vue d'une célibataire peu en confiance qui se livre au jeu du speed-dating : elle a devant elle cinq minutes pour séduire et être séduite ; il y a le cas de cette automobiliste en retard au travail qui va voir son existence être bouleversée par un simple fait de circulation... Et j'en oublie d'autres... De nombreux thèmes sociétaux sont ainsi abordés. La volonté de l'auteure semble claire : elle veut nous faire réfléchir, mais aussi sourire quand elle a recours a des calembours pour détendre l'atmosphère. La plume de madame Quiviger est donc agréable même si tous les jeux de mots ne m'ont pas fait rire et si je n'ai pas toujours été convaincu de l'utilité de certaines tournures. À en faire trop, parfois... Mais bon, je chipote car j'ai vraiment apprécié cette lecture qui m'a fait sortir de ma zone de confort habituelle. Comme c'est souvent le cas avec les auteurs que je découvre par l'intermédiaire de la plate forme Simplement Pro.

    Certes, il n'y avait pas d'intrigue comme je les aime mais il y avait de l'humour, de la réflexion, de l'imagination et un vrai moteur derrière la construction de ce recueil qui a été inscrit au concours des Plumes Francophones. Mince, Pascale Marie Quiviger, cela fait de nous des concurrents ;)

    Bon joueur, je souhaite tous mes meilleurs vœux de réussite à l'auteure et à son livre.

    Jetez un œil sur la page amazon de l'écrivain qui a un parcours, semble-t-il, intéressant :

    Pascale Marie Quiviger sur Amazon

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  • Titre : Pourpre

    Auteur : Sylvie Grignon

    Genre : Thriller/Policier

    Éditeur : Évidence Éditions

    Nombre de pages : 272

    Numérique : 5,99€ Broché : 15€

    Ma note : 14/20

    En premier lieu, je tiens à remercier Sylvie Grignon pour l'écriture de ce roman palpitant et sa maison, Évidence Éditions, pour la concrétisation de ce partenariat. Pour une fois, la demande de chronique était de mon initiative car la couverture, et notamment les symboles qui y apparaissent, me plaisait et parce que l'intrigue avait notamment pour cadre Rennes-le-Château, un village que j'ai déjà visité à quelques reprises et qui m'avait tapé dans l’œil. Syno.

    En plein cœur du pays des Corbières, des enfants sont retrouvés sur un puits, morts. Les cadavres s’empilent autour de Rennes-le-Château. Appelé à la rescousse, l’inspecteur Antoine Bourgnon rejoint la SRPJ de Montpellier. Des symboles relient toutes les victimes.

    Une ancienne affaire non résolue refait surface. Quel secret se cache derrière une industrie pharmaceutique ? Antoine Bourgnon y perd son latin. Va-t-il réussir à assembler toutes les pièces du puzzle sans y perdre son âme ?

    Je dois vous avouer que je n'ai réalisé qu'à la fin de ma lecture que Pourpre faisait non seulement partie d'une série de polars mais surtout qu'il en était le dernier volet. Force est de reconnaître que je vais commencer par une force de ce livre : il se suffit à lui-même et l'on peut ne pas avoir lu ses prédécesseurs pour se pencher dessus. Pourpre est donc une occasion de découvrir la plume de Sylvie Grignon.

    En lisant ce livre, j'ai cru déceler plusieurs intentions de la part de l'auteur. D'abord, j'ai senti par moments sa volonté de partager son amour et ses connaissances pour le patrimoine historique de Rennes-le-Château mais aussi de Carcassonne et de l'ensemble des sites qu'elle pouvait évoquer. Avec subtilité, sans trop en faire et sans nous assommer. Cela aurait peut-être mérité parfois un peu plus de détails mais passons.

    Malgré le contexte sombre de l'intrigue, j'ai également senti le désir de l'auteure de s'amuser et notamment de jouer avec ses personnages policiers en les humanisant et en les montrant comme des hommes et femmes semblables à tout le monde, capables d'êtres choquées, émues et n'hésitant pas à se prêter au jeu de la séduction ou à se laisser à l'humour. J'ai trouvé qu'il s'agissait d'une force du livre mais aussi d'une faiblesse, et c'est le lecteur qui choisira selon ses goûts et sa personnalité comment il le perçoit. Personnellement, j'ai trouvé qu'il y avait un côté Grey's Anatomy mais dans l'univers policier un peu trop appuyé avec une multitude de personnages. Je n'ai pas toujours été convaincu par le réalisme des réactions de ces policiers alors qu'ils faisaient face à un meurtrier redoutable, impitoyable et remarquablement intelligent. On a parfois l'impression qu'ils étaient en colonie de vacances quand même alors qu'ils avaient constamment plusieurs wagons de retard sur le tueur. L'expérience, la maturité et la sérénité sont des qualités que j'imagine chez des enquêteurs travaillant sur de telles enquêtes. Maintenant, tout dépend des attentes du lecteur. Celui qui veut un bon polar sans se prendre la tête, il s'y retrouvera, celui qui veut quelque chose de vraiment noir et réaliste, je ne suis pas sûr qu'il y trouvera son compte. Ce sont dans les détails que naissent les atmosphères des romans et je pense qu'il n'aurait pas fallu grand-chose à ce récit pour l'assombrir quelque peu.

    Néanmoins, Sylvie Grignon a eu le souci de construire une intrigue bien ficelée et on sent peut apprécier le travail d'imagination et d'organisation de son plan qui l'a amené à nous délivrer une histoire où j'avoue ne pas avoir découvert le fin mot de l'histoire. En outre, j'ai apprécié le soupçon d'ésotérisme et de sciences qu'elle a conféré à son histoire. Au contraire des expressions données à ses personnages, j'ai trouvé le cœur de son intrigue très convaincant. La seule ombre au tableau concernant l'histoire résiderait, selon moi, dans la manière d'amener le dénouement. J'ai trouvé que cela faisait trop descriptif et qu'il a manqué un peu d'action et de rythme pour faire crépiter le feu de l'angoisse qui nous pousse à tourner les pages avec avidité.

    En outre, en faisant abstraction des aspects narratifs de l'oeuvre, on peut également souligner les intentions qui se cachent, pas forcément délicatement entre les lignes. de nombreux thèmes sont abordés et malgré le contexte macabre qui permet à l'histoire de naître, on sent un profond goût de l'auteur pour la tolérance, le respect, ou la compassion. de nombreux thèmes sont abordés et notamment l'amour et la différence.

    En somme, une bonne surprise, un bon polar qui se laisse lire rapidement, sans difficulté, porté par une plume pas forcément d'un niveau soutenu mais qui se veut accessible et agréable. Reste à voir si elle saura trouver son public.

    Merci à Sylvie et à Évidence Éditions.

    Sylvie Grignon sur Amazon

    Évidence Éditions


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  • Titre : Un secret halo de rose

    Auteur : Léonnic Asurgi

    Genre : Contemporain

    Nombre de pages : 170

    Edition : Prem'Edit

    Numérique : 7€ Broché : 17€

    Ma Note : 15/20

    Tout d'abord, je tiens à remercier Léonnic Asurgi pour m'avoir confié son roman que l'on peut considérer, sans nul doute, comme un Ovni. Certes, le livre ne vole pas mais ses lignes m'ont fait planer. Par intermittence tout du moins. Syno.

    « Je me sens bien, animé d’un sentiment de plénitude. Les yeux plissés en guise de protection solaire, je respire profondément, hyperventilé, et tout un tas de fictions et scenarii me pénètrent, me traversent, se bousculent. L’inspiration revient comme un cheval au galop, à la vitesse de la marée montante. Je médite. Je somnole. 
    Je m’évade, néo adepte de contemplation. Je platonise. La journée a fusé, si j’en crois le ciel qui commence à rosir, formant des halos entre ciel et mer, entre chien et loup. Sans emphase il y a encore peu de temps, je suis désormais en phase de réanimation. Sans envie il y a si peu de temps, je suis désormais en vie. » 
    Ronan est en détresse depuis la mort de son meilleur ami. Un banal accident de la route aux abords d’un rond-point damné. Que s’est-il vraiment passé ce soir-là ? Ronan ne sait plus très bien. Pourtant, il était aussi dans la voiture. Depuis, ses souvenirs s’entrechoquent, brouillent sa mémoire et les pistes, le mènent à l’impasse. Harcelé par le père du défunt, otage de ses propres démons et hallucinations, lâché par son psy, il s’exile alors sur le phare de la Vieille, au large de la pointe du Raz, où il vivra une odyssée aussi salvatrice qu’extraordinaire, aux confins de l’irréalité.

    Lorsque j'arrive à la fin d'un roman et que se dresse enfin le portrait complet de l'oeuvre de son rédacteur, je perçois enfin l'essence qui a animé l'artiste créateur. Du moins, je le crois. Cependant, un problème se pose parfois à moi dans le domaine de la littérature, un conflit qui englobe aussi bien l'écriture que la lecture. Il faut arriver à confondre le fond et la forme pour ne voir plus qu'un seul bloc. Et ce n'est pas toujours évident. Autant vous le dire, la plume de Léonnic Asurgi est admirable, chatoyante, teintée d'humour et de références, parfaitement maîtrisée et ponctuée par un vocabulaire soutenu. Amateurs de la langue française, jetez-vous sur ce livre, ce n'est pas un conseil, c'est un ordre !

     

    Toutefois, j'ai été désarçonné par cette qualité époustouflante de l'auteur quand il s'agit d'écrire, de devoir inventer des expressions imagées pour appâter le lecteur, en particulier dans le cœur de l'ouvrage. Pourquoi me direz-vous ? Car j'ai eu la sensation que cette plume n'avait pas pour vocation de soutenir une intrigue rondement ficelée. Les phrases étaient belles mais elles ne portaient pas de suspense et n'assoiffaient pas le lecteur de ce désir insoutenable de lire encore et encore et encore... Je ne voyais rien d'autre qu'une forme de masturbation syntaxique, grammaticale et orthographique... C'est du moins ce que j'ai pensé pendant certains chapitres où j'ai été gagné progressivement par l'ennui, et cela en dépit du caractère attachant et désopilant du personnage principal, notamment quand il était le narrateur. Soit dit en passant, c'est très personnel mais je ne suis vraiment pas à l'aise avec cette manière de changer de narrateur selon les chapitres.

    Mais n'allez pas croire que mes impressions étaient fondées. L'intrigue, elle était bien là. Il ne s'agissait pas juste d'une crise existentielle de la part de l'auteur ou d'une volonté de son géniteur de s'exorciser de maux qui le taraudent comme j'ai commencé à le penser. Au moment où je me lassais de plus en plus, l'intrigue est revenue. Comme par magie. Et même si j'ai cru deviner les grandes lignes du dénouement, je me suis surpris à enchaîner les derniers chapitres.

    Les entrevues de Ronan avec son psychiatre, Goulien, avaient donc un but scénaristique. Tout était limpide, tout se tenait. Oui, car j'aurais dû vous le préciser avant mais le récit s'articule autour d'un homme brisé, d'un homme qui a perdu son meilleur ami et qui semble n'avoir jamais eu la vie comme alliée. Ainsi, on le suit au cours de son traitement psychiatrique avec un spécialiste et on découvre avec lui sa folie qui le ronge de l'intérieur.

    En outre, Léonnic Asurgi semble vouloir nous prodiguer de sa vision de l'univers psychiatrique. Il nous offre un portrait que j'ai d'ailleurs déjà esquissé lorsque je me suis interrogé sur ce monde. Et je dois avouer que plus j'y pense, plus j'aime sa manière loufoque d'aborder le sujet. J'aime Ronan, j'ai envie de l'aider et de l'encourager. Moi aussi, j'ai envie de retrouver cet éléphant rose qui l'empêche de retrouver la sérénité. Ce qui me fait rappeler un détail qui n'est pas un, le thème principal de cette fiction : la mort et plus précisément le deuil. L'intrigue est parfois secondaire, l'instrument qui sert véritable cause de l'auteur, et cela ne m'a pas échappé. Un secret halo de rose trouble notre réflexion quant au chagrin que l'on peut ressentir à l'endroit d'un proche mais surtout de la culpabilité qui peut en découler lorsque l'on est concerné par ce drame. 

    Pour conclure, je dois avouer que j'ai ressenti différentes sensations au cours de cette lecture. Malheureusement, l'ennui en a fait partie. Mais je suis resté tout de même sur une impression positive, captivé notamment par les quarante dernières pages. Et je ne veux pas me répéter mais quel style ! Cet écrivain a du style, il faut le dire, le redire et le marteler jusqu'à ce que cela entre dans les crânes. Il est juste regrettable que l'intrigue ait semblé perdre en intensité et en cohérence au moment où l'on doit au contraire s'immerger dans l'histoire qu'on nous propose.

    Un secret halo de rose sur Amazon

    Le site de Léonnic Asurgi


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